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Malka Braun : de la Shoah à la beauté, une histoire de transmission

Maquilleuse depuis plus de quarante ans, Malka Braun est aujourd’hui cheffe maquilleuse des Enfoirés. Elle a travaillé avec Michel Polnareff, Alain Souchon, Zazie ou encore Maurane. Un métier qu’elle rêvait déjà d’exercer enfant. Mais derrière ce parcours consacré à la beauté se dessine une histoire familiale profondément marquée par la Shoah.

Son père, Sam Braun, est déporté à Auschwitz à 16 ans avec ses parents et sa petite sœur. Eux sont assassinés à leur arrivée. Lui survit au camp puis à la marche de la mort, avant d’être libéré à Prague en 1945.

Pendant près de quarante ans, il garde le silence. Puis il commence à raconter son histoire et à témoigner dans les écoles. Malka, qui porte les prénoms de sa grand-mère et de sa tante mortes à Auschwitz, finira par retourner avec lui sur les lieux de sa déportation. Sur son lit de mort, elle lui fait une promesse : « Je parlerai de toi jusqu’à la fin de ma vie. »

Transformer l’horreur en beau

Cette histoire, Malka comprend progressivement à quel point elle a façonné sa propre vie. Les peurs, les angoisses, le rapport à la nourriture ou à l’argent : elle évoque ce qui peut se transmettre d’une génération à l’autre et le travail thérapeutique qu’elle mène depuis l’âge de 20 ans.

Et puis il y a le maquillage. Un métier qu’elle voulait déjà exercer à cinq ans, lorsqu’elle imaginait une « usine à transformation » dont les femmes ressortiraient lumineuses et heureuses.

Des décennies plus tard, une amie lui fait remarquer ce qui lui avait jusque-là échappé : les deux femmes dont elle porte les prénoms sont mortes dans une usine d’extermination. « Tu as voulu finalement transformer l’horreur en beau », lui dit-elle. Un rapprochement qui va profondément changer la manière dont Malka comprend son propre parcours.

« Les rides parlent de ton histoire »

Au fil de sa carrière, Malka Braun a vu évoluer le rapport des femmes à leur apparence. Les rides, les kilos, la chirurgie esthétique, les injonctions : elle constate une pression de plus en plus forte et regrette notamment ces visages qui, à force d’interventions, perdent parfois leur mouvement. « Je pense que les rides parlent de ton histoire aussi », dit-elle.

Elle évoque alors son propre rapport au vieillissement. À 60 ans, le temps qui passe l’interroge davantage : « Tu te dis : waouh, combien de temps il me reste ? » Mais elle revendique aussi ses rides, ses kilos et une autre idée du bien vieillir, faite d’épanouissement, d’amour de soi, des autres et de cette envie de continuer à aimer la vie.

Une manière, finalement, de revenir à ce qui traverse toute son histoire : ce dont on hérite, ce que l’on transforme et ce que l’on transmet à son tour.

Anne-Sophie

Anne-Sophie

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