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Charlotte Gabris : « Ma vie n’est pas une salle d’attente »

Charlotte Gabris s’est très tôt imaginée sur scène. Elle a 17 ans lorsqu’elle joue en Suisse son premier spectacle, écrit pendant ses années lycée. Une relation toxique viendra ensuite profondément ébranler sa confiance. Elle se laisse alors convaincre qu’elle est faite pour être sur scène et interpréter les textes des autres, mais qu’elle n’a aucun talent pour les écrire.

S’ensuivra une période difficile, qu’elle décrit elle-même comme une forme de dépression. Pendant près d’un an et demi, elle n’arrive quasiment plus à travailler. C’est en renouant avec l’écriture qu’elle retrouve peu à peu confiance en elle. Elle crée seule un nouveau spectacle et, depuis, l’écriture ne l’a plus quittée. Romans, films… elle considère aujourd’hui que c’est ce qu’elle sait faire de mieux.

« Calmer mes pensées »

Cette confiance retrouvée n’empêche pas les angoisses. Charlotte Gabris parle de pensées qui s’emballent vite et de son besoin de parler régulièrement pour prendre du recul. Depuis ses 20 ans, elle se fait accompagner par un psy ou une coach. Une habitude qu’elle décrit comme une forme d’hygiène personnelle et qui l’aide à « calmer ses pensées ».

Vivre à son propre rythme

À 39 ans, une autre pression l’agace particulièrement : celle qui entoure le couple et la maternité. Charlotte Gabris aimerait devenir mère, mais refuse de laisser l’âge et la peur de manquer de temps décider à sa place. Elle rejette surtout cette idée qu’il faudrait tous vivre de la même façon : être en couple, avoir des enfants, faire les choses au « bon » moment… Comme s’il n’existait qu’une seule manière de réussir sa vie et d’être heureux.

Lorsqu’elle se sépare de son compagnon à 35 ans, son gynécologue lui parle de la possibilité de congeler ses ovocytes. Sur le moment, elle y voit une pression supplémentaire. Puis elle comprend que cela peut lui permettre de ne plus associer son désir d’enfant à une forme d’urgence.

À l’approche de la quarantaine, elle aspire aujourd’hui à davantage de sérénité. Après avoir longtemps eu peur du temps qui passe, elle veut surtout ne plus avoir peur de « prendre la place qu’elle veut prendre ».

Anne-Sophie

Anne-Sophie

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