Dans le dernier épisode de notre podcast Transmission, Jeanfi Janssens se confie sur une vie bien plus compliquée qu’elle n’y paraît. Derrière l’humour et les vingt ans passés à Air France, il y a une histoire de fuites mais surtout celle d’une belle reconstruction !
L'enfance, les racines
Jeanfi grandit dans le Nord, dernier d’une famille de quatre enfants. Il raconte une jeunesse heureuse, choyée. Ses parents lui ont transmis très naturellement le sens du partage. Une cousine en fugue hébergée plusieurs mois, des amis dépannés sans attendre de retour. Ces réflexes de générosité viennent de loin pour JeanFi Janssens.
Sa mère occupe une place à part. Pour l’avoir, elle a pris le risque d’une grossesse difficile, alitée pendant huit mois. JeanFi sait ce que sa vie lui a coûté. Il lui doit quelque chose et ne l’a pas oublié !
Le regard des autres
Comme pour beaucoup d’enfants, c’est en sixième que la vie de JeanFi se complique. Ses grands-parents sont venus finir leurs jours chez ses parents. Sa mère a arrêté de travailler pour s’en occuper. Le jeune collégien est alors envoyé en pension pour libérer du temps à ses parents. Il le comprend. Mais l’arrivée à l’internat coïncide avec la puberté, les premiers regards des autres. Et pour la première fois, il se sent différent.
Loin de sa famille, sans surveillance sur ce qu’il mange, il développe une anorexie sévère. Il perdra presque vingt kilos en deux mois et demi. Il sera hospitalisé. Ce qu’il retient aussi : parler à quelqu’un qui n’est pas dans le problème, ça soulage. La thérapie, il ne s’en excusera jamais !
Il y a une autre différence qu’il porte seul depuis l’enfance. Il sait très tôt qu’il aime les garçons. Avant même de savoir ce qu’est la sexualité. À l’époque, être gay « c’était vraiment pas à la mode », dit-il. Pour vivre heureux, il vit caché.
Partir pour se sauver
C’est à l’université qu’il tombe amoureux pour la première fois et décide de le dire. Mais pas à ses proches. Son père a déjà mal réagi au coming-out de sa sœur. Jeanfi ne veut pas lui imposer une honte sociale, ni s’exposer aux « on-dit ». Alors il part dans le Sud de la France. À mille kilomètres.
À 22 ans, il rencontre un homme de trente ans, tombe éperdument amoureux, signe des papiers sans les lire. Trois ans plus tard, l’homme part avec la caisse et lui laisse 90 000 euros de dettes. Jeanfi se retrouve dans un studio de 10 m² à Sète, sans télévision, sans rien.
C’est là qu’il devient steward, par nécessité. Il passe alors les sélections Air France et y restera vingt ans. L’avion, porte fermée, ciel devant, devient un refuge : aucun huissier ne peut venir le chercher là-haut.
"On ne guérit pas, on enchaîne"
En 1999, JeanFi perd son frère. Il l’apprend la nouvelle à la réception d’un hôtel à Nice : un réceptionniste le lui annonce devant tout l’équipage. Son cerveau met vingt-quatre heures à réaliser. Il sort le soir même avec des amis, mange le lendemain avec une copine, et rien ne transparaît. Puis il se réveille, et tout lui arrive d’un coup.
« On se remet pas. On enchaîne. » Ses parents ont failli ne pas s’en remettre, chacun se reprochant de n’avoir rien vu. Mais ils ont tenu. Cette famille a modelé la douleur pour que la vie reprenne ses droits, comme il dit.
L'humour en héritage
Ce que Jeanfi transmet sur scène, il le tient de sa mère. Elle s’est toujours moquée d’elle-même avant que les autres ne le fassent. À l’adolescence, cet forme d’auto-dérision lui a permis d’entrer dans des groupes, de plaire autrement. Plus tard, c’est une hôtesse de l’air qui l’inscrit à son insu à un concours d’humoristes. Il présente un sketch sur le voyage à Buenos Aires avec sa mère et remporte le concours.
Ce qu’on retient de cet épisode, c’est la façon dont Jeanfi raconte les épreuves traversées ; sans amertume et ni complaisance.
Regardez l’épisode complet sur la chaîne YouTube de Rewell. ✨





