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Michel Cymes : « J’ai fait de mon TDAH une force »

michel cymes

Il est peut-être le médecin le plus connu de France. Chirurgien français spécialisé en otorhinolaryngologie, animateur de télévision et de radio, chroniqueur infatigable, auteur de nombreux livres dont les incontournables Dr Good, Les Pouvoirs extraordinaires du corps humain ou encore Libérer du sucre, Michel Cymes a construit une carrière hors norme à la croisée de la médecine et des médias. Sur Rewell, il a accepté de parler de quelque chose de plus intime : son TDAH, diagnostiqué tardivement, et la façon dont il a appris à vivre avec un cerveau qui ne s’arrête jamais.

De l'hôpital aux plateaux télé

La biographie de Michel Cymes commence à l’hôpital, auprès des patients, dans les blocs opératoires. Spécialiste de médecine, il aurait pu rester dans l’ombre des couloirs hospitaliers. Mais la prévention, l’envie de parler de santé autrement, l’ont conduit vers les studios. D’abord avec Allô Docteurs, puis avec Le Magazine de la Santé sur France 5 avec Marina Carrère d’Encausse, qui reste l’une des émissions médicales les plus suivies de l’histoire de la télévision française. Plus récemment, il a rejoint Télématin sur France TV, poursuivant inlassablement sa mission : rendre la médecine accessible à tous. Cymes le médecin préféré des Français, c’est ce que les sondages répètent année après année, et l’on comprend pourquoi.

Sa fin de carrière hospitalière n’a pas marqué une rupture, mais une transformation. Animateur, auteur, conférencier — il accumule les rôles avec une énergie qui, on le comprendra, n’est pas tout à fait étrangère à sa neurologie.

Un diagnostic inattendu

Michel Cymes :

« Moi j’ai deux gamins TDAH, j’en ai même trois maintenant. Et Olivier Revol m’a appelé un jour en me disant qu’il faisait un livre sur les TDAH adultes, est-ce que je voulais témoigner. Là je lui dis : mais tu me parles de quoi exactement ? J’ai fini par passer les tests pour confirmer que je l’étais. Mon entourage ? Ça a fait rire ma femme parce qu’elle s’est dit : ah bah d’accord, je comprends mieux. Et moi, j’ai appris à être beaucoup plus tolérant avec moi-même. »

Le livre né de cette collaboration avec le pédopsychiatre Olivier Revol fait partie des best books of 2025 les plus remarqués sur la santé mentale. Il aborde frontalement la question de la divulgation des données médicales autour du TDAH, et met en garde contre les auto-diagnostics qui fleurissent sur les réseaux sociaux.

Michel Cymes :

« C’est un problème médical qui doit être diagnostiqué par des professionnels de santé. On ne peut pas faire son auto-diagnostic parce qu’on a un ou deux signes du TDAH. C’est votre médecin traitant d’abord, et si c’est nécessaire, vous passerez des tests. C’est pour ça qu’on a fait ce livre, parce qu’il y en a plein les réseaux, des autodiagnostics, et ce n’est pas bon. »

Ce que le TDAH change vraiment

L’hyperactivité, on imagine souvent l’enfant agité au fond de la classe. Mais le TDAH adulte, c’est autre chose : un cerveau qui génère quinze idées à la seconde, une impulsivité difficile à contenir, une empathie qui déborde, et une incapacité chronique à finir des tâches entamées.

Michel Cymes :

« Il y a deux catégories de TDAH. Ceux pour lesquels c’est un véritable handicap, parce que ce sont des difficultés professionnelles, scolaires, affectives. Et puis ceux qui peuvent en faire une force. Moi, sans le savoir, ma vie professionnelle était déjà bien lancée. J’ai quinze idées à la seconde. Et sur ces quinze idées, il y en a parfois une de bonne. J’ai appris à déléguer, à envoyer des SMS à cinq heures du matin pour ne pas oublier l’idée et libérer mon cerveau. Et le sport, la cuisine, ce sont mes deux façons de redescendre dans les tours. »

Son rapport à ses enfants, eux aussi concernés par le TDAH, a changé depuis le diagnostic. Avec son fils de quinze ans notamment, il partage désormais son expérience sans filtre, avec cette règle d’or : ne pas se cacher derrière le trouble pour se dédouaner.

femme de 45 ans, blonde, qui se tient la tête dans les mains

Ménopause et TDAH : le double effet

Si le TDAH touche autant les femmes que les hommes, il est souvent diagnostiqué bien plus tard chez elles. Et la ménopause peut tout aggraver.

Michel Cymes :

« Quand vous avez une ménopause, vous avez un problème hormonal qui va se rajouter à ce problème de neurotransmetteurs, et qui fait que les symptômes peuvent se déclencher ou s’aggraver. Quand on a un TDAH, on a un fonctionnement cérébral différent, et le cerveau est imprégné des hormones. Avec moins d’œstrogènes, il doit y avoir des effets sur le fonctionnement cérébral. Nous ne sommes finalement qu’hormones. »

Prévention, mode de vie et mer

Côté conseils et astuces nutrition, santé, mode de vie, Michel Cymes est sans surprise : tout ce qui fait du bien mérite d’être pratiqué. Cohérence cardiaque, micro-sieste, méditation à deux minutes chrono inspirée de Christophe André, cuisine du samedi matin au marché. Il est auteur d’une collection cuisine et d’ouvrages de prévention comme Libérer du sucre, convaincu que c’est dans les petits gestes quotidiens que tout se joue.

Mais son meilleur tip bien-être, celui qui court-circuite tout le reste ?

Michel Cymes :

« La mer. Ce n’est même pas la mer, c’est l’eau. Vous me mettez près d’une rivière, je suis zen. Près d’un étang, je suis zen. C’est le seul endroit où je ne bouge pas. Elle m’apaise, même si elle est agitée. »

Il a d’ailleurs poussé la logique jusqu’au bout, en partant seul à vélo, Noirmoutier-Biarritz puis Paris-Aix-en-Provence, 700 kilomètres à chaque fois. Une façon de conjuguer sport et solitude, de s’extraire d’une carrière où l’on est entouré de gens en permanence. Sur son vélo, il dit avoir approché quelque chose qui ressemblait à de la pleine conscience, sans jamais lui donner ce nom.

Son mantra, emprunté à Pythagore : Rien n’est impossible, même l’invraisemblable. À cinquante ans, il a appris le saxo. Pas bien, dit-il en riant, mais il l’a appris.

C’est peut-être ça, finalement, vivre avec un cerveau TDAH : ne jamais vraiment s’arrêter, et trouver dans ce mouvement perpétuel une façon singulière d’être au monde.

Juliette Paturel

Juliette Paturel

Après une licence en Economie Gestion à l'Université de Rennes et un Master en Stratégie Digitale, Juliette Paturel s'est recentrée sur ce qui la passionne vraiment : la rédaction web au sujet du bien-être de la femme ! Aujourd'hui, elle s'est spécialisée sur les actifs qui peuvent réellement changer la vie des femmes.
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